Apollonios de Tyane

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Apollonios le Nazaréen par Dr. R. W. Bernard

Avant-Propos

Partie 1 : L'Apollonios Historique Contre le Jésus Mythique

Partie 2 : Les Ressemblances Entre Apollonios et Jésus

Partie 3 : La Controverse Entre les Adhérents d'Apollonios et de Jésus

Partie 4 : Naissance et Jeunesse d'Apollonios

Partie 5 : Apollonios Visite les Sages Brahmanes des Himalaya

Partie 6 : Apollonios Quitte Iarchas et Revient en Grèce

Partie 7 : Les Travaux d'Apollonios en Grèce

Partie 8 : Sa Visite chez les Gymnosophistes

Partie 9 : Les Procès d'Apollonios par Néron et Domitien



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Apollonios le Nazaréen

Avant-Propos

Par Dr. R. W. Bernard, B.A., M.A., Ph.D. (1964)

                                   *

Pendant plus de seize siècles, l'Église Chrétienne a prêché sa religion aux gens de la Terre.
Par contre, lorsque nous considérons les événements horribles qui se sont produits parmi les
peuples chrétiens pendant le récent holocauste mondial, causant la mort d'une portion
considérable de la population humaine, nous devons conclure qu'il y a quelque chose de
radicalement faux avec une religion qui, après avoir été prêchée et pratiquée pendant un si
grand nombre de siècles, mena ses fidèles à un état aussi terrifiant, impliquant la conversion
de cette planète en vaste abattoir, teinté de sang humain, résultant en un grand nombre de
meurtres de Chrétiens d'une nation par leur confrères chrétiens d'un autre, chacun étant
poussé et béni par leurs prêtres respectifs.

Ajoutons qu'un tel état a prédominé dans le Christianisme depuis son origine, organisé et
établi en l'an 325 après J.-C. par les ecclésiastes païens romains convoqués au Conseil de
Nice. Ce Conseil fut présidé par l'archi-meurtrier Constantin, Empereur de Rome, qui avec
sang-froid, avait assassiné une douzaine de ses proches parents incluant sa propre femme.

De plus, l'histoire du Christianisme n'a pas été plus honorable que son origine; car depuis
que Constantin l'établit comme la religion officielle de Rome, elle a été responsable pour la
mort de plus de cinquante millions de gens innocents, sous le chef d'accusation qu'ils étaient
des "hérétiques," puisqu'ils ont refusé d'accepter les dogmes déraisonnables de l'église --
incluant environ trois millions de femmes qui ont été brûlées vivantes comme "sorcières"
dans les temps relativement récents par des hommes qui se désignaient des prêtres de la
religion chrétienne.

Que penserait le fondateur du Christianisme, le gentil Nazaréen, le Prince de la Paix, des
crimes qui ont été perpétrées à travers les siècles, en son nom, par une église qui professe
être son représentant terrestre -- l'Église militante! Que penserait-il des cadavres putréfiés de
plus de cinquante millions de ses chers frères et soeurs qui ont été mis à mort par cette même
église parce qu'ils ont refusé d'accepter ses mensonges et ont préféré suivre la vérité, dont il
en était l'auteur?

Pouvions-nous attendre que l'Église, dont l'Inquisition légua une telle histoire de cruauté et
de mort, nous offre un document écrit (Le Nouveau Testament) qui pouvait être accepté de
bonne foi comme les paroles authentiques d'un homme qui avait enseigné la paix, le pardon
et la compassion, plutôt que le meurtre? À travers les siècles, serait ce possible que non
seulement les enseignements mais aussi l'histoire de sa vie, et même le nom du Nazaréen,
auraient pu avoir été modifié par les scribes ecclésiastiques de l'Église romaine dans le but
de promouvoir ses dogmes et son ambition du pouvoir temporel?

Aussi, est ce que le Nazaréen original, l'Essénien paisible dont la bonté et le pacifisme
s'étendirent non seulement à l'humanité mais aussi au monde animal, aurait pu avoir été
transformé par les partisans de Constantin, les prêtres païens romains qui sont devenus les
Pères de l'Église à Nice, en un autre homme -- appelé "Jésus-Christ" -- plus acceptable à leur
empereur? En effet, cela fut le cas et c'est l'objet des pages qui suivent, consacré à la vie et
aux enseignements de cet homme inconnu, de le prouver.

Il y a deux mille ans un grand professeur d'humanité apparu dans le monde. Il était un
philosophe, un chef social, un professeur de moral, un réformateur religieux et un
guérisseur. D'un coin de l'Empire Romain à l'autre, là où il alla, des honneurs divins lui
furent conférés -- par tous, de l'esclave à l'empereur. Il fut sans doute le plus grand homme
de son temps; et sa date de naissance (4 avant J.-C.), et sa période active coïncidèrent
exactement avec celles du Messie Chrétien, sauf que sa vie de labeur continuelle au nom de
l'humanité se poursuivit durant un siècle, pendant lequel il conserva sa santé et sa clarté
d'esprit intacte. Il fut un exemple suprême de la perfection humaine -- physiquement,
mentalement et spirituellement. Plus de dix-sept temples furent érigés en son honneur dans
diverses parties de l'Empire romain. Son nom était APOLLONIOS DE TYANE.

Jamais il n'y eut quiconque comme cet humanitaire courageux et ce révolutionnaire social
venu en ce monde pour aider la race humaine et le racheter de la souffrance. Seul, il défia les
tyrans les plus sanglants qui se sont assis sur le trône romain -- Néron et son successeur
encore plus terrible, Domitien. Apollonios voyagea sans crainte d'un coin de l'Empire romain
à l'autre, incitant des révolutions contre ces despotes, établissant des communautés
communistes parmi ses partisans qui portèrent le nom d'Esséniens, les premiers Chrétiens. Et
non satisfait avec de telles activités dans les provinces romaines, il se rendit courageusement
à Rome après que tous les philosophes avaient été expulsés de la ville sous punition de mort
par le cruel Domitien; là, il dénonça ouvertement le tyran et fut mis en état d'arrestation et
jeté en prison, attendant la mort qui, cependant, dû à son brillant discours en légitime défense
et ses pouvoirs d'esprit extraordinaires, il contourna, se procurant ainsi sa liberté.

Deux siècles après Domitien, l'archi-meurtrier et dégénéré Constantin s'est assis sur le trône
de Rome. Bien que les empereurs romains précédents aient détesté Apollonios par rapport à
ces activités révolutionnaires et "communistes," Constantin détestait surtout ses
enseignements pythagoriciens -- son strict plaidoyer du végétarisme, son abstinence d'alcool
et sa continence. Constantin aimait trop les viandes rouges, les vins, et ses escapades de
minuit avec les belles femmes pour être disposé à accepter la religion dont la tête reconnue
était Apollonios : une religion qu'il importa de l'Inde, fondée sur les doctrines de Chrishna et
de Bouddha et portant le nom "Kristosisme" Essénien. Ce fut la raison pour laquelle
Constantin dirigea ses armées à exterminer les descendants des partisans esséniens
d'Apollonios, connus sous le nom de Manichéens.

[Note: Pour des informations supplémentaires sur ces Esséniens Manichéens, voyez l'article
"Le Manichéisme : La religion la plus dangereuse du monde?"]

Trouvant que la religion de Rome était dans un état de déchéance avancée et perdant
quotidiennement l'influence sur les masses, pendant que le culte d'Apollonios et les
communautés communistes de ses partisans manichéens, malgré une persécution des plus
sévère, continuait à s'étendre, menaçant les intérêts de Rome, les partisans de Constantin --
les prêtres païens de la religion romaine -- décidèrent de tenir une convention à Nice en l'an
325 A.D., ayant comme but d'établir une nouvelle religion. Ils décidèrent alors de s'emparer
de la popularité évidente des partisans d'Apollonios, de s'approprier ses doctrines essentielles
(les modifiant afin d'être acceptables à Constantin), et de remplacer le philosophe
Apollonios, dont le pythagorisme sobre était trop bien connu et détesté par leur empereur,
par un Messie surnaturel dont les enseignements seraient moins radicaux et plus acceptables.

Ainsi, à la place d'Apollonios de Tyane, ils placèrent à ce moment là leur sauveur
nouvellement créé, qu'ils désignèrent "Jésus-Christ," qui fut conçu en premier lieu et créé
dans les esprits des prêtres romains qui furent éventuellement connus comme les Pères de
l'Église de Nice.

Aussitôt que Jésus fut mis à la place d'Apollonios, la tâche des ecclésiastiques romains fut de
détruire tous les registres et traces au sujet d'Apollonios et de ses premiers partisans
esséniens chrétiens pendant les trois premiers siècles, afin que le monde puisse être gardé à
jamais dans l'ignorance à propos de cette tromperie monumentale et pour arriver à croire que
Jésus et la religion chrétienne, qu'ils créèrent au début du quatrième siècle après J.-C.,
antidataient leur création de trois siècles. Ce fut pour cette raison que les bibliothèques
d'Alexandrie et d'autres furent brûlées, afin que tous les livres écrits pendant et concernant
les trois premiers siècles de notre Époque puissent être détruits.

[Note : La Bibliothèque à Alexandrie fut brûlée plus d'une fois, par incendie criminel et par
accident. L'incendie reporté dans ce texte se produisit en l'an 389 après J.-C. pendant le règne
de l'empereur Théodose I. Voyez l'article, "L'empereur Theodose, le Pape Hilaire I".]

Les ecclésiastiques réussirent si bien à oblitérer ces registres que, durant presque deux mille
ans, le monde fut gardé dans l'ignorance totale à propos du fait qu'Apollonios de Tyane fut
l'enseignant mondial reconnu du premier siècle, et que pendant les trois premiers siècles,
avant qu'il soit créé au Conseil de Nice comme le Messie pour remplacer Apollonios, aucun
homme tel que Jésus-Christ fut connu ou mentionné par quiconque!

Jamais ne pris place une aussi grande perte culturelle que celle produite par la bande de
Chrétiens mit feu aux livres et manuscrits de la Bibliothèque d'Alexandrie [en 389 après
J.-C.] pour détruire tous les registres d'Apollonios de Tyane, afin que le monde soit à jamais
ignorant de son existence et de son remplacement par l'inconnu et le non-existant Jésus,
s'étant produit au Conseil de Nice en l'an 325 après J.-C. Mais, heureusement, un certain
livre survécut -- le LIVRE DÉFENDU -- de tous les livres contenus dans cette célèbre
bibliothèque -- celui qui fut le plus craint. Il était intitulé, LA VIE D'APOLLONIOS DE
TYANE, par son biographe Philostrate. Pour le conserver, le livre fut apporté secrètement au
Proche-Orient; et, durant plus de mille ans, il fut conservé parmi les Arabes, malgré tous les
efforts des Croisades -- oeuvrant aux intérêts de la Papauté -- de le détruire.

Il y a de cela un peu plus de quatre siècles, ce livre défendu fut en premier apporté en Europe
de l'Orient; et ce ne fut qu'en 1801 que la première traduction anglaise complète, du Latin,
fut complétée, malgré l'opposition du clergé, qui, lorsque incapable de supprimer sa
publication, réussit à le léguer aux oubliettes et à maintenir la même ignorance populaire au
sujet d'Apollonios et sa signification historique comme celle qui avait existé pendant le
Moyen-Âge. Ils avaient si bien réussis que, même après la parution de la première traduction
anglaise de Blount de la biographie de Philostrate au sujet d'Apollonios au début du
dix-neuvième siècle, son nom était sur la langue de chaque Anglais cultivé; aujourd'hui, plus
d'un siècle plus tard, il est presque complètement inconnu, même dans les milieux
académiques, sa mention ayant été omise des travaux historiques et des programmes
pédagogiques -- afin que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le plus grand homme du
monde de l'Occident pendant les deux milles dernières années fut complètement effacées des
pages de l'histoire.

Le but de ce livre est de présenter la vie et les enseignements de cet homme.

                                   *

[Note : Toute la matière du Dr Bernard à ce sujet fut écrite en 1964. Cette matière n'était pas
sous droits réservés et fait maintenant partie du domaine public. Seulement que des
corrections de fautes orthographiques mineures ont été apportées dans ce texte et celui du
reste des écrits du Dr Bernard. Aucune modification textuelle n'a été apportée.]

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Apollonios le Nazaréen

Partie 1
L'Apollonios Historique Contre le Jésus Mythique

Par Dr. R. W. Bernard, B.A., M.A., Ph.D. (1964)

                                   *

Une des escroqueries et des déceptions les plus colossales dans les annales de l'histoire fut
perpétrée en l'an 325 A.D. C'était la date du Conseil de Nice qui avait comme tâche de créer
une nouvelle religion qui serait acceptable à l'empereur Constantin qui, en ce temps-là, était
engagé dans la persécution sanglante des communistes et des pacifistes connus sous le nom
de Chrétiens. Pendant la période du massacre inhumain de ces gens méprisés sans défense, ce
qui motiva Constantin à soudainement prendre contrôle de leur religion et devenir son
protagoniste le plus loyal est une des énigmes de l'histoire qui n'a jamais été élucidé. Sur ce
point Réville, un apologiste Catholique, écrit :

"Le triomphe reconnu du Christianisme pendant le règne de Constantin a toujours été
considéré une des révolutions inexplicables et une de ces surprises historiques qui, sans
rapport apparent avec quelque phénomène du passé, peut paraître presque miraculeux. On
aimerait découvrir le processus qui permet à l'esprit humain de passer si rapidement d'une
dénégation aussi dédaigneuse et complète des enseignements du Christianisme à un intérêt et
une sympathie déclarée pour les doctrines du nouveau credo. ... C'était le quatrième siècle,
immédiatement après les persécutions les plus violentes, que le Christianisme, bien
qu'embrassé et professé par une minorité seulement, réussit à atteindre à une place de
contrôle en matières social et politique."

Conscient que la vieille religion de Rome était en état de déchéance avancée et perdait
quotidiennement son influence sur les gens, tandis que le culte persécuté des Esséniens ou
des premiers Chrétiens, malgré tous les efforts à le supprimer par tous les moyens les plus
sanglants et inhumains, continuait à se développer et à gagner le respect croissant des masses,
les Pères de l'Église, ayant été précédemment des païens dont les mains étaient tachées du
sang de ceux de qui ils ont volé la religion, ont vu qu'en adoptant le Christianisme (en forme
révisée), ils pourraient prendre avantage du prestige populaire créé par le martyre des
premiers saints Chrétiens et de ce fait, gagner le support de Constantin, qui se convertissant à
la foi Chrétienne, pourrait dissimuler ses propres crimes passés, augmenter sa popularité
publique et, étendre et consolider son empire.

Pour rendre le culte jadis méprisé des Esséniens ou des premiers Chrétiens acceptable à
Constantin, empereur de Rome, les Pères de l'Église ont dû enlever de ses enseignements
certaines doctrines qu'ils savaient lui être inacceptables. En tête de liste parmi ceux-ci était la
prohibition contre la consommation de viandes et de vins qui étaient une vertu cardinale du
Christianisme Essénien. Et voilà la raison pour laquelle les ecclésiastiques du Conseil de
Nice ont trouvé nécessaire d'enlever ces doctrines inacceptables des Évangiles, car ils
savaient que Constantin aimait trop les viandes rouges et le vin à volonté de ses
divertissements de nuit pour être disposé à accepter une religion qui exigeait de ses adhérents
l'abstinence complète de ces indulgences, comme le faisait le Christianisme Essénien. Pour
accomplir ceci, certains "correcteurs" ont été nommés et ils eurent la tâche de récrire les
Évangiles, omettant tout ce qui concernait le végétarisme et l'abstinence d'alcool. Les Pères
de l'Église avaient de plus une autre raison pour faire ceci, puisqu'ils n'avaient aucunement le
désir d'intégrer un changement aussi radical dans leurs propres habitudes.

Que les Évangiles originaux ont été récrit et modifié au Conseil de Nice est indiqué par
l'énoncé suivant de l'archidiacre Wilberforce qui écrit :

"Certains ne sont pas informés qu'à la suite du Conseil de Nice en 325 A.D., les manuscrits
du Nouveau Testament ont été considérablement altérés. Le professeur Nestle, dans son
'Introduction to the Textual Criticism of the Greek Testament,' nous dit que ces certains
érudits, appelés 'correctores,' furent nommés par les autorités ecclésiastiques et reçurent
réellement le mandat de corriger le texte des Saintes Écritures dans l'intérêt de ce que fut
considérée l'orthodoxie."

Faisant un commentaire sur le texte précédent, le révérend G. J. Ouseley, dans son "Gospel
of the Holy Twelve," écrit:

"Ces 'correctores' ont enlever avec soin des Évangiles certains enseignements de notre
Seigneur qu'ils ne se proposèrent pas de suivre -- à savoir, ceux contre la consommation de
la chair et de boissons alcoolisées -- et tout ce qui pouvait servir comme argument contre le
fait de manger de la chair, tel que les comptes de l'intervention de notre Seigneur en plusieurs
occasions pour sauver des animaux de traitements injustes."

Des preuves existent pour indiquer que non seulement les doctrines originales du
Christianisme Essénien furent radicalement changées au Conseil de Nice et remplacées par
d'autres entièrement différentes, mais qu'également, l'homme dont la vie était l'incarnation
des doctrines originales fut remplacé par un autre homme qui exemplifiait les nouvelles
doctrines. Le nom du deuxième homme qui n'était pas végétarien et qui n'interdisait pas
l'abatage d'animaux était Jésus-Christ, qui fut mis à la place d'Apollonios de Tyane,
l'enseignant historique mondial du premier siècle.

Le premier acte des Pères de l'Église, après qu'ils eurent créé leur nouvelle religion et son
messie qui n'existèrent pas précédemment, fut de brûler tous les livres qu'ils pouvaient
trouver, d'autant plus ceux écrits durant les premiers siècles qui ne faisaient aucune mention
de Jésus et qui faisaient référence à Apollonios comme directeur spirituel du premier siècle,
réalisant que ces livres, sinon détruits, constituaient une sérieuse menace à la survie de leur
supercherie. Ce fut pour cette raison que les ecclésiastiques prirent tant de peine à brûler les
anciennes bibliothèques, y compris la célèbre Bibliothèque d'Alexandrie avec ses 400,000
volumes, brûlée à ras par un édit de Théodose, quand une bande de Chrétiens détruisit le
Serapéum où les sceaux et manuscrits étaient conservés.

[Note : Cet acte de destruction se déroula en l'an 389, ou 64 ans après le Conseil de Nice.
Pour de plus amples informations concernant la brutalité et la destruction ordonnées par
l'empereur Théodose, vous êtes recommandés à la section appropriée de ce livre.]

Toutefois, les ecclésiastiques ont manqué à leur but puisque les bibliothécaires prévirent,
avant l'incendie, de sortir secrètement de la Bibliothèque d'Alexandrie les volumes les plus
précieux qu'ils portèrent vers l'Est pour en prévenir la destruction.

Parmi les travaux qui furent ainsi sauvés des flammes de la Bibliothèque d'Alexandrie, celui
qui a créé la discussion la plus répandue et de longues haleines fut La Vie d'Apollonios de
Tyane, écrite par Flavius Philostrate au début du troisième siècle A.D. Comme si par un
destin ironique, ce livre -- lequel de tous les livres brûlés dans la Bibliothèque d'Alexandrie
était un du plus dangereux -- a été conservé à travers les siècles, résistant à toutes les
tentatives de le détruire. La raison pour laquelle ce livre a été tant redouté par les
ecclésiastiques était parce que, bien qu'il ne fasse aucune mention de l'existence de Jésus ou
du Christianisme, il présentait Apollonios de Tyane comme l'enseignant mondial acclamé du
premier siècle, révéré d'un coin de l'Empire romain à l'autre par tous, de l'esclave à
l'empereur lui-même.

Jamais aucun livre écrit n'a soulevé un débat si animé durant une période de temps aussi
longue que cette biographie de Philostrate. Dès les premiers siècles de notre époque, lorsque
Hercule et Eusèbe le commencèrent en premier lieu, jusqu'aux jours de Blount, Voltaire et
des Déistes, la controverse n'a jamais diminué. Dans son livre, Philostrate décrit un
personnage né en la même année que celle du Christ qui, en tout point, était l'égal, sinon le
supérieur, du messie Chrétien.

W. B. Wallace, écrivant sur "The Apollonios of Philostratus," décrit la biographie de
Philostrate une "contre accusation païenne à l'Évangile de Galilée, représentant un Sauveur
grec comme alternatif au Sauveur Sémite." (Westminster Review, July-Dec. 1902). De plus,
les événements principaux des vies des deux hommes étaient si parallèles que le lecteur ne
peut que conclure que si Jésus n'est pas une imitation fictive d'Apollonios, alors Apollonios
doit être une imitation de lui, puisqu'il serait improbable que deux hommes aussi semblables
puissent être nés la même année et avoir des biographies si similaires.

F. A. Campbell, dans son "Apollonios of Tyana," écrit :

"La naissance d'Apollonios est assignée à l'an 4 avant J.-C. Mais comme tous le savent, le
calcul courant du commencement de l'époque Chrétienne est inexact, et la première année de
notre ère devrait être datée quatre ou cinq ans plus tôt. Si les naissances d'Apollonios et du
Christ appartiennent à la même année, la coïncidence requiert plus attention qu'elle en a
reçue."

[Note : Cette déclaration est clairement fausse. L'inauguration du calendrier Julien n'avait
rien à faire avec l'inauguration du Christianisme. C'est une simple coïncidence que
l'empereur romain Auguste César ait proclamé le commencement du calendrier Julien en une
année qui coïncida de justesse avec la naissance de ce soi-disant Messie.]

"Contrairement à l'ingratitude de Nazareth, Tyane reconnaissait avoir nourri un prophète de
vie irréprochable, de pouvoir miraculeux, d'amour et de gentillesse super abondante et de
vertu héroïque. Apollonios de Tyane et Jésus de Nazareth sont nés dans des circonstances
similaires, sinon la même année. On disait que les bébés de Tyane et de Bethléem provenaient
d'un Père divin et d'une mère humaine, et ces êtres sacrés respirèrent leur premier souffle
parmi de gracieux présages et des chants surnaturels. Ceux-ci n'étaient pas les seuls parallèles
dans les mémoires du Tyanéen et Nazaréen.

"Les Chrétiens orthodoxes avaient été habitués à affirmer l'irrévocabilité du fils de Marie ;
mais comme un éclair du ciel, voici Philostrate s'opposant à Matthieu, Marc, Luc et Jean,
offrant un Messie alternatif."

Aussi est-il étrange, bien qu'ils soient supposés être les deux plus grands hommes de leur
âge, que ni un ni l'autre ne connaissaient l'existence de l'autre. Et puisqu'il existe d'absolues
preuves historiques authentiques au sujet de l'existence d'Apollonios, mais même pas la
moindre preuve authentique de l'existence de Jésus, nous devons conclure que si un de ces
personnages est fictif et une imitation de l'autre, c'est Jésus qui est la fiction et Apollonios le
personnage historique. Concernant l'existence ou, au contraire, la non-existence de Jésus,
Tschendorf écrit :

"Auteur après auteur, volume après volume, de la vie du Christ peut paraître jusqu'à ce que
les archives de l'univers soient remplies, mais, ce que nous savons de la vie de Jésus se
trouve, uniquement, dans l'Évangile de Matthieu. Il n'y a pas une seule personne étroitement
associée à Jésus qui se trouve en histoire."

Dans le "Diegesis" de Taylor (1829, Oaknam, Angleterre) nous lisons :

"Nous avons enquêté sur les revendications de chaque document qui possède une
réclamation plausible à être examiné que l'histoire a conservé des transactions du premier
siècle, et non pas un seul passage, prétendant avoir été écrit à n'importe quel moment des
cent premières années, peut être produit pour démontrer l'existence d'un tel homme connu
comme Jésus-Christ ou d'un tel groupe qui pourrait être considéré comme ses disciples."

Donnant un commentaire sur cet énoncé de Taylor, J. M. Roberts, dans son "Antiquity
Unveiled" (1892, Oriental Publishing Co., Philadelphia) écrit :

"D'un autre côté, nous avons d'abondantes preuves que Jésus-Christ est fondé sur la vie
connue d'Apollonios de Tyane, de qui l'existence terrestre n'a jamais été mise en doute, à qui,
on a ajouté des passages des vies de plusieurs personnages et des enseignements à propos des
dieux mythiques des autres terres. Le Prométhée des Grecs était le caractère qui suggéra la
crucifixion (aussi la crucifixion de Krishna dans les traditions Kristosite). Les Mystères
d'Éleusis ont suggéré que le repas de la Dernière Scène, avec d'autres anciennes doctrines
d'adoration du soleil, aient été rassemblés et représentés pour être une histoire des
événements associés à la vie du Jésus Chrétien. (Prométhée sur le rocher escarpé, souffrant
pour le bien-être de l'espèce humaine, suggère Jésus sur la croix, changeant Prométhée pour
Jésus et le rocher escarpé Scythien pour la croix.)

"Dans le premier chapitre de Matthieu, la généalogie de Jésus est donnée comme la
vingt-huitième génération de David jusqu'à Joseph et au Christ. Dans le troisième chapitre de
Luc, la même généalogie est donné comme étant la quarante-troisième génération du Christ à
travers Joseph jusqu'à David. C'est une omission remarquable de la part des traducteurs,
puisque, s'il y avait quelque chose sur laquelle ils pourraient consentir, c'est quant à l'origine
du Christ.

"Tous les Chrétien qui ont vécu ou qui vivront trouveront que leur Jésus n'est qu'un fantôme
-- un mythe. Ils peuvent le chasser comme un enfant le ferait pour un papillon en une prairie
un après-midi d'été, et il éludera leur poigne. Le Jésus Chrétien n'est rien de plus que le
Krishna des Hindous."

[Note : Notez la ressemblance linguistique des mots "Krishna" et "Chistian" (Chrétien).
Dans la linguistique, le K et CH sont souvent les équivalents comme sons de consonnes, et
dans la plupart des cas, les voyelles ne sont pas comptées dans la linguistique comparative --
puisque si les voyelles étaient considérées dans l'évolution des mots, alors, pour fournir un
exemple simple, les Texans modernes parleraient une langue différente des New-Yorkais
modernes. Donc, quand ces deux mots sont analysés linguistiquement, les deux ont la
séquence de consonnes KRS(T)N, indiquant une source culturelle commune.]

Aucun écrivain contemporain, vivant au temps où Jésus est supposé avoir vécu, n'a fait
mention de lui bien que des allusions forgées à Jésus se trouvent dans les livres de Livie et
Josèphe. Dans son "Histoire des Juifs," écrit durant le premier siècle, à un temps où Jésus
aurait eu sa plus grande popularité parmi les Juifs s'il avait existé, bien que des pages et des
pages soient consacrées à des personnes d'aucune importance et qui auraient été oubliés si
Josèphe ne les avaient pas mentionnés, il n'y a pas une seule mention de Jésus dans l'édition
originelle. Sur ce point, le Dr Edmond B. Szekely, dans son "Origin of Christianity," écrit :

"Il n'y a pas un mot ou, mieux, il n'y a plus un mot dans les travaux de Flavius Josèphe au
sujet du Messie, le Christ crucifié par Ponce Pilate, à l'exception d'une interpolation
grossière, à toute preuve fausse. ... Le silence de Josèphe n'est pas dû au dédain ou à la
neutralité étudiée."

Dans une édition Slave du livre de Josèphe datée du huitième siècle, une telle interpolation
se produit, faisant référence à un certain Jésus, fils de Joseph, lequel couvre seulement un
paragraphe passager, la brièveté duquel révèle clairement son origine frauduleuse ; puisque,
si Jésus avait été mentionné, beaucoup d'espace lui aurait été consacré. Et coïncide avec les
interpolations des auteurs de ce temps la censure de tous les livres qui font référence à
Apollonios dont le nom fut omis ou abrégé. (Donc, dans les Épîtres originelles de Paul, que
nous avons raison de croire contenait originairement Apollonios comme personnage central
et qui étaient écrites par lui, son nom est abrégé à "Apollon" et "Pol," ou Paul.)

Qu'Apollon (concédé par non la moindre autorité que celle de l'Encyclopédie Britannica
comme étant une abréviation d'Apollonios) était le vrai auteur de l'Épître aux Hébreux,
faussement attribué à Paul, était l'opinion de Martin Luther et d'autres savants éminents.

Et si Apollonios a écrit quelques-unes des soi-disant Épîtres de Paul, il est possible qu'il ait
pu en écrire d'autres, et, en fait, toutes.

Plutarque, le biographe éminent qui a vécu entre 46 et 120 A.D., aurait certainement fait
mention de Jésus s'il avait existé, puisqu'il a écrit quand la célébrité de Jésus aurait été à son
apogée. Toutefois, dans les travaux volumineux de Plutarque, aucune référence à un homme
s'appelant Jésus ne peut être trouvée. Bien que les diverses écritures de Plutarque fassent
mention en toute certitude à presque toutes les opinions et éthiques religieuses de son temps,
il est absolument silencieux au sujet du Christianisme et de l'existence de Jésus. Pourtant il
connaissait les menus détails des vies des grands hommes qui vivaient il y a des siècles, nous
ne pouvons pas croire que Plutarque aurait pu être entièrement ignorant de l'existence d'un
tel grand homme comme Jésus qui avait vécu seulement quelques années auparavant. Ceci
est encore plus surprenant puisque les provinces de Bithynie et de Pontus où Plutarque vivait
étaient situées à seulement quelques jours de route de Boétie où, si nous pouvons croire les
écrivains Chrétiens, les prosélytes du Christianisme essaimaient à cette période.

Mais bien que Plutarque appartienne à une race différente et est né après la présumée
crucifixion, Philo, un Juif, qui a vécu à exactement le même temps dans la première partie du
premier siècle, et qui visita les Esséniens et écrivit à leur sujet, devrait, et plus que tous les
autres, faire mention de Jésus qui, s'il avait vécu, aurait été sans doute le chef de cette secte.
Pas un seul mot est trouvé dans les écritures de Philo à propos de l'existence de Jésus, pas
plus que dans l'édition originelle de "l'Histoire des Juifs" de Josèphe. Aucun autre écrivain
du premier siècle ne mentionna Jésus. Ils ne l'ont pas fait parce qu'il n'existait pas encore. Il
est né en premier lieu trois siècles plus tard, créé par les ecclésiastiques à Nice pour
remplacer Apollonios, dans leur but de trouver un autre messie plus acceptable aux yeux de
Constantin et des Romains.

Que les premiers Chrétiens eux-mêmes, et non seulement les Païens, aient été ignorants de
l'existence d'un tel homme s'appelant Jésus, a été clairement prouvé par les recherches de
catacombes d'Eisler, un étudiant de l'archéologie Chrétienne ancienne. Dans son oeuvre,
"Orpheus the Fisher," Eisler démontre qu'aucune représentation ne peut être trouvée parmi
les inscriptions dans les catacombes qui représentent Jésus, la croix ou la crucifixion. Au
contraire, un personnage grec est représenté comme chef de la secte, un végétarien et un ami
des animaux, représenté sous la figue -- d'Orphée jouant sa lyre entouré d'animaux dociles --
ou comme le Berger (Hermes) portant un agneau autour de son cou. Ces représentations font
évidemment référence à Apollonios dont les enseignements principaux consistaient en le
végétarisme et l'abolition des sacrifices d'animaux. Les conclusions d'Eisler ont été
davantage confirmées par Lundy, qui, dans son "Monumental Christianity," un travail sur
l'archéologie Chrétienne ancienne, rapporte également l'absence entière de toute référence à
Jésus ou à un Sauveur crucifié dans les inscriptions des catacombes, sa place étant prise par
le personnage grec familier d'Orphée et du Berger, qui sont représentés comme des amis des
animaux.

L'original le plus proche qui peut être trouvé du Jésus du Nouveau Testament est un rabbin
nommé Jéhoshué Ben Pandira, qui vécu près d'un siècle avant J.-C. Dans son "Life of
Jehoshua," Dr Franz Hartman déclare que cet enfant bâtard d'une jeune fille juive, Stada, et
d'un soldat romain, Pandira, qui est mentionné dans le Talmud, était le Jésus originel. On dit
qu'il était un rabbin de peu d'importance qui étudia les mystères en Égypte et qui fut mise à
mort par lapidation après une tentative de crucifixion.

Cherchant un remplaçant pour Apollonios, les Pères de l'Église saisirent le personnage de
Jéhoshué ; et changeant son nom à celui du Druide dieu soleil "Hésus" et devançant la date
de sa naissance d'un siècle, il fut transformé en Jésus. Sur ce sujet, Manly Hall écrit : "Il est
très possible que les Pères de l'Église, cherchant désespérément un vrai personnage humain
sur lequel pendre la structure de leur foi, choisirent Jéhoshué Ben Pandira comme plus
proche parallèle pouvant se trouver parmi les rabbins Juifs. Armés avec ce petit fragment de
l'histoire, ils poursuivirent à les faire correspondre -- intégrant un petit ici et enlevant
quelque fragment contradictoire là -- jusqu'à ce que, voilà, le 'Roi des Rois' soit un
Nazaréen, malgré l'opinion populaire que rien de bon ne peut sortir de Nazareth.

"Cela explique aussi pourquoi Hélène, mère de Constantin, en dedans de trois cents ans après
la mort de Jésus, fut incapable de trouver quiconque avait entendu parler de lui parmi la
communauté juive. Selon l'histoire, elle trouva enfin un vieil homme qui prétendait avoir
entendu que Jésus avait vécu. Il l'emmena à un vieux champ d'exécution romain où
l'excavation révéla plusieurs croix. Quand toute cette affaire fut résolue à la satisfaction de
tous, Constantin, pour démontrer sa grande vénération, fit forger un des clous de la passion
en mord pour son cheval.

"Le mystère le plus embarrassant et irrésolu avec lequel le théologien Chrétien doit faire face
est le manque presque complet de preuves historiques à propos de la vie du Christ. Si nous
acceptons quelques documents fabriqués palpables, notre connaissance de la vie du Christ est
basée principalement sur les narrations contenues dans les Évangiles. ... De graves doutes
existent quant à la qualité d'auteur des Évangiles du Nouveau Testament. L'encyclopédie
Brittannica reconnaît ces doutes et, de plus, admet qu'il n'y a absolument aucune preuve que
les Évangiles ont été écrits par les hommes dont les noms leur furent apposés en des temps
plus récents."

Un livre remarquable écrit par J. M. Roberts et intitulé "Antiquity Unveiled" paru en 1894
démontrant des preuves qu'aucun homme tel Jésus de Nazareth n'avait jamais vécu ; mais le
nom fut adopté par les fondateurs du Christianisme pour voiler l'identité d'Apollonios de
Tyane dont ils dérobèrent les enseignements et le mode de la vie et s'en servirent comme
modèle sur lequel construire leur système. Il ajoute : "Le monde possède le témoignage
incontestable que le Christianisme provient de fausse origine étant le pire larcin littéraire
dans l'histoire humaine."

En contraste avec la pénurie ou plutôt l'absence d'information concernant Jésus, est
l'abondance de données historiques crédibles et disponibles au sujet d'Apollonios de Tyane
qui, durant le premier siècle, possédait une célébrité universelle d'un coin de l'Empire romain
à l'autre, étant honoré par tous. Plus de dix-sept temples lui furent consacrés dans les
diverses parties de l'empire. Près d'une douzaine d'empereurs romains le considéra en toute
révérence. (Les empereurs romains Vespasien, Titus et Nerva étaient tous, avant leur
élévation au trône, des amis et admirateurs d'Apollonios, tandis que Néron et Domitien
virent le philosophe avec consternation.) L'empereur Septime Sévère (A.D. 193-211) lui
éleva une statue dans sa galerie de divinités au Panthéon tandis que son fils, l'empereur
Caracalla, honora sa mémoire avec une chapelle ou un monument.

Lampride, ayant vécu au troisième siècle, nous informe que l'empereur Alexandre Sévère
(A.D. 222-235) plaça une statue d'Apollonios dans son 'labarium' au côté de celle d'Orphée.

C'est la femme de Septime Sévère, l'impératrice Julia Domna qui mandata le philosophe
Philostrate, un membre d'un cercle d'écrivains qui se rassemblèrent autour d'elle, à écrire la
vie d'Apollonios de Tyane basée sur les manuscrits en sa possession, principalement les
mémoires de Damis, disciple et compagnon de voyage d'Apollonios, en plus de registres
conservés dans les différentes villes où Apollonios était tenu en estime -- de temples dont il
avait restauré les rites longtemps désuets, de traditions, d'épîtres d'Apollonios adressées aux
rois et sophistes et, de ses lettres -- dont l'empereur Hadrien en avait fait une collection qu'il
garda en son palais à Antium.

Julia Domna, connue comme l'impératrice philosophe parce qu'elle était entourée d'hommes
de lettres et de philosophes et qui dispensait un patronage éclairé à la pensée et à la
connaissance, était la fille de Bassiamus, prêtre du soleil à Émèse en Syrie. Philostrate était
membre d'un groupe d'écrivains célèbres et de penseurs qui se regroupaient autour d'elle.
Elle était une femme de grande intelligence et de pureté de caractère remarquable, vivant en
solitude et consacrant son temps à la littérature et la philosophie dans sa vaste bibliothèque.
Comme dans le cas de Sappho, également une femme de moralité exemplaire, elle fut
diffamée par les scribes des même ecclésiastiques qui furent, par la suite, responsables du
meurtre brutal de Hypatie. Ces trois grandes femmes de l'antiquité, avec Jeanne d'Arc, la plus
grande femme des temps modernes, furent toutes les victimes d'une fraternité cléricale mâle
criminellement jalouse.

Une autre biographie d'Apollonios a été écrite par Soterichur d'Oasis pendant le règne de
Dioclétien mais elle est inexistante, ayant été détruit par les Chrétiens avec d'autres écritures
anciennes qui lui faisaient référence. Une autre biographie perdue a été écrite par Moeragène.

Bien qu'écrite au début du troisième siècle A.D., la biographie d'Apollonios de Tyane de
Philostrate ne reçue pas l'autorisation d'être publier en Europe avant l'an 1501, quand Alde
imprima la première édition latine à paraître en Europe. Celle-ci fut suivie par des
traductions française et italienne, mais ce ne fut qu'en 1680 que la première traduction
anglaise fut faite par Blount, un déiste anglais.

Les notes de Blount sur le livre soulevèrent une telle clameur qu'en 1693, le livre fut
condamné par l'église et sa publication défendue. (Concernant les effets de la traduction de
Blount, Campbell, dans son "Apollonios de Tyane," écrit : "De violentes passions se
manifestèrent. Des sermons, des brochures et des volumes descendirent sur un Blount
présomptueux comme des bolides et des grêlons et ses adversaires ne se cessèrent pas jusqu'à
ce que les autorités aient défendu qu'il imprime les six autres livres de sa traduction".)

Dans ses notes, Blount signala que, "ou nous devons admettre la vérité des miracles
d'Apollonios aussi bien que ceux de Jésus ou, si ceux du premier étaient faux, il n'y aurait
pas de meilleur fondement pour croire en le dernier." Un siècle plus tard, les notes de Blount
furent traduites en français par les Encyclopédistes. Cependant, un siècle avant Blount,
Voltaire, Le Grand d'Aussy, Castillon et d'autres déistes français écrivirent de même,
considérant Apollonios comme personnage historique beaucoup plus authentique que Jésus
et complètement son égal en tout respect et, aussi digne de produire des miracles si cela était
possible. (Francis Bacon parla aussi d'Apollonios dans des termes les plus dignes. Dans le
"Anatomy of Melancholy" de Burton, -- que certains ont attribué à la qualité d'auteur de
Bacon -- il paru une citation de la biographie d'Apollonios de Philostrate à laquelle Keats fit
plus tard référence dans un renvoi à son "Lamia".)

Toutefois, Blount avait seulement traduit les deux premiers livres de l'oeuvre de Philostrate
(il y en avait huit en tout, les six derniers restant non publiés) ; et ce ne fut qu'en 1809 que la
première version anglaise complète fut produite par Edward Herwick. (Dans la préface de
son travail intitulé "The First Two Books of Philostratus Concerning the Life of Apollonios
Tyanaeus, written originally in Greek, and now published in English," Blount, se protégeant
et exprimant sans doute des opinions contraires de ce qu'il croyait vraiment, décrit
humblement son livre comme "pas plus qu'une simple narration de la vie d'un philosophe, et
non celle d'un nouveau Messie ou ni d'aucune façon contre ce qui est connu; non, Philostrate
ne fait aucunement mention du nom du Christ. Et si un écrivain païen (Hiéroclès) a soulevé
cette question en comparant Apollonios avec Le Christ, qu'est-ce que c'est pour Philostrate
qui ne l'a jamais conçu ainsi, et que je ne peux trouver nulle part ? Cependant, Eusèbe a déjà
réfuté Hiéroclès, laquelle réfutation je me proposais d'annexer à Philostrate en guise
d'antidote.

"J'avais déjà terminé l'entière traduction, et j'avais poursuivi tel que vous le voyez dans mon
illustration, lorsque j'ai réalisé que l'alarme était sonnée dans tous les coins qu'un livre
dangereux serait bientôt publié ; un livre qui démasquerait tous les athées pratiques qui
(étant du plus grand nombre des hommes) pourrait, par conséquent, causer des conséquences
délétères au public. Au premier abord, le clergé papiste se pensait principalement concerner,
étant tant empressé à la vengeance et malicieux, que je craignais le sort du pauvre Ésope
(qui, bien qu'il ait fait des plaisanteries à plusieurs grands rois et potentats sans pour autant
en être puni, perdit sa vie seulement en parlant contre les prêtres Delphes).

"Donc, si le clergé voulait que l'on considère Apollonios un escroc et un prestidigitateur,
qu'étant ranimé de la mort, il est un des fomentateurs principaux de cette intrigue papiste ; ou
bien qu'il n'y eût jamais eu un homme tel qu'Apollonios, avec tout mon coeur, ce qu'ils
veulent. Car je voudrais plus le voir décrié dans sa réputation que de voir un digne cardinal,
avec sa longue barbe et son 'Ha' d'excommunication, me faire brûler comme hérétique."

Le livre de Herwick est devenu si rare qu'en 1907, deux revendeurs de livres de Londres de
réputation mondiale ont cherché et fait de la publicité en vain pour s'en procurer une copie.
Cela indique combien la suppression ecclésiastique de ce livre redoutable avait réussi. Et
bien qu'aujourd'hui, presque personne ne peut-être trouvé, même parmi les plus instruits, qui
ont entendu le nom d'Apollonios de Tyane, encore moins sache quoique ce soit sur son
compte, et selon Campbell, "Il eut un temps où le nom de Philostrate et d'Apollonios de
Tyane sortait de la bouche de tous les Anglais instruits," même si des préjugés sectaires
contre Apollonios caractérisent chacun des écrivains avant le dix-neuvième siècle. La
popularité d'Apollonios dans les temps anciens est totalement contraire à son oubli
d'aujourd'hui.

Aux yeux des ecclésiastiques, qu'Apollonios, un simple homme, devrait rivaliser Jésus, un
dieu, en tant de points importants, constituait une raison importante pour supprimer le livre
de Philostrate, puisqu'il avait tendance à déprécier la dignité de leur sauveur. Que Philostrate
ait composé La Vie d'Apollonios de Tyane comme réponse païenne aux Évangiles Chrétiens
est une opinion maintenue par les érudits réputés avant et après le temps de Blount. (Cette
opinion, largement maintenue par les écrivains Chrétiens, est évidemment fausse, puisque le
Christianisme, tel que nous le connaissons, n'existait pas au temps de cet écrit de Philostrate,
car il ne fait aucunement mention de Jésus ou du Christianisme. Malgré ce fait, le livre a
toujours été considéré dans le plus grand soupçon ; et même après la Renaissance, lorsqu'il
fut introduit en Europe, Alde hésita un certain temps avant de donner l'autorisation de le
publier, et enfin déterminé, ajouta au texte la Réponse d'Eusèbe à la Critique du
Christianisme de Hiéroclès, dans laquelle il opposa les miracles d'Apollonios à ceux des
Chrétiens, et ainsi, comme il l'exprima, donnant "l'antidote avec le poison".)

Donc, l'évêque d'Avranches, écrivant au dix-septième siècle, exprima ce point de vue comme
suit : "Comme but principal, Philostrate semble avoir désapprouver la foi et la doctrine
Chrétienne, les deux progressant merveilleusement à ce temps, en démontrant le côté opposé
de cette pauvre représentation d'une science miraculeuse, de la sainteté et de la vertu. Il
inventa un personnage en imitation du Christ et introduisit presque tous les incidents de la
vie de Jésus-Christ dans l'histoire d'Apollonios, pour que les païens ne puissent avoir aucune
cause pour envier les Chrétiens, et se faisant, rehaussa la gloire du Christ par inadvertance,
puisqu'en attribuant faussement à un autre le vrai caractère du Sauveur, il donna au dernier
l'éloge qui est Son juste dû et indirectement, l'éleva comme l'admiration et l'éloge des
autres."

Tredwell, dans son "Sketch of the Life of Apollonios of Tyana," écrit :

"Du temps que les différends aient commencé au sujet de la religion Chrétienne, les
Chrétiens ont accusé Philostrate de s'être approprié les événements et les miracles contenus
dans l'Évangile de Matthieu pour orner sa vie d'Apollonios de Tyane, et les païens ont porté
des accusations de plagiat contre l'écrivain de cet Évangile. Sur les premiers travaux
d'Apollonios, ces accusations étaient d'importance suffisante pour être réfutés par d'éminents
Chrétiens ; et même de nos jours, le révérend. Albert Réville ne le considérant pas sous sa
dignité ni sa grande érudition, d'entreprendre, en 1866, une réfutation de 'cette grande et
monstrueuse calomnie des infidèles.' Il tenta de démontrer, dans un petit livre qui porte le
titre 'Apollonios, le Christ Païen du Troisième Siècle' (signifiant le premier siècle), que
Philostrate avait emprunté des faits principaux de l'Évangile de Matthieu. Les phénomènes
miraculeux étaient racontés presque identiques à la narration de Matthieu dans son Évangile
de Jésus-Christ. Et tandis qu'on disait que Jésus exorcisait des diables en Galilée,
Apollonios, selon une tradition aussi digne de confiance, rendait un service semblable à
l'espèce humaine en Grèce. Telle fut l'opinion des écrivains catholiques sur le sujet ; et enfin,
selon Daniel Huet, cet énoncé par l'évêque d'Avranches : 'depuis ce temps eut une grande
importance dans tous les esprits réfléchis.'"

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http://www.apollonius.net/bernard2f.html

Apollonios le Nazaréen

Partie 2
Les Ressemblances Entre Apollonios et Jésus

Par Dr. R. W. Bernard, B.A., M.A., Ph.D. (1964)

                                   *

Considérons maintenant quelques-uns des points essentiels de ressemblance entre les
biographies d'Apollonios et de Jésus. Avant sa naissance, la venue d'Apollonios a été
précédée par une Annonciation, sa venue ayant été annoncé à sa mère par un Archange. Il est
né de la même manière mystérieuse en la même année que Jésus est supposé être né (l'an 4
avant J.-C.). Comme ce dernier, dans son enfance, il afficha une précocité prodigieuse en
matières religieuses ; ensuite, il eût une période de préparation ; puis, vint une période
d'activité publique et positive ; plus tard, une passion ; aussi, une sorte de résurrection; et
enfin, une ascension.

Les messagers d'Apollon ont chanté à sa naissance comme les anges à celle de Jésus.
Pourtant toujours engagé à faire le bien, il fut aussi exposé aux attaques de ses ennemis. De
la même manière, il alla d'une place à l'autre oeuvrant pour la réforme, étant accompagné par
ses disciples favoris, parmi lesquels le mécontentement, le découragement et la traîtrise
firent également leur apparence. Et quand le danger était présent, malgré les conseils
prudents de ses amis, et l'abandon de ses disciples, il se rendit à Rome où Domitien, le cruel
empereur, cherchait à le tuer, comme Jésus qui alla à Jérusalem et à une mort certaine. Et
avant cet événement, il avait été victime du prédécesseur non pas moins cruel de Domitien,
Néron, comme Jésus avait été exposé aux machinations d'Hérode Antipas. Comme Jésus,
puisqu'il ressentait la pitié, il est accusé de produire des miracles à travers la magie et les arts
illégaux, alors qu'il les réussit seulement parce qu'il était un ami des dieux et digne d'être
estimé comme tel. Comme Jésus sur la route de Damas, il remplit un ennemi déclaré de
consternation émerveillée en lui apparaissant quelques années après sa résurrection et son
ascension.

Une autre ressemblance remarquable entre Apollonios et Jésus était le grand nombre de cas
de mauvais esprits qui ont été conjurés. Il leur parle avec autorité, comme cela a été dit de
Jésus. Le jeune homme d'Athènes qui était possédé, à travers lequel le diable poussa des cris
de peur et de rage, et qui ne pouvait pas affronter le regard d'Apollonios, nous rappelle la
narration de l'Évangile du démoniaque de Gadère. Ni l'un ni l'autre fut guéri jusqu'à quelque
circonstance visible extérieure eût lieu donnant raison de croire que le diable était vraiment
sorti. Dans un cas, un troupeau de porc se jeta dans le lac, et dans l'autre, une statue se
renverse par la violence du mauvais esprit qui se dépêche de sortir du jeune homme.

Dans la biographie d'Apollonios, on mentionne aussi un autre cas de possession très
semblable à celui de l'enfant épileptique dans les trois Évangiles. À Rome, Apollonios
restaura une jeune fille à la vie sous des circonstances qui nous rappellent immédiatement le
retour à la vie de la fille de Jaire. De plus, on peut faire la remarque que les deux histoires
sont ainsi enregistrées qu'une critique prudente pourrait se demander dans chacun de ces cas,
si la jeune fille qui revint à la vie avait, après tout, vraiment été morte. Les boiteux, les
aveugles et les timides vinrent en foule pour être guéri par l'imposition des mains d'Iarchas,
le chef des sages Brahmanes des Himalaya, qu'Apollonios visita et sous lequel, il étudia et
dériva sa connaissance et son pouvoir.

Son apparition miraculeuse à ses amis Damis et Démétrios, qui pensaient en premier lieu
voir un esprit, nous rappelle, de la manière que cela a été raconté, la résurrection de Jésus
après sa mort.

La description inspirante suivante du personnage d'Apollonios, semblable à celle du Christ,
est donnée par Campbell dans son livre "Apollonius of Tyana."

"Un personnage étrange et distinctif, revêtu de lin blanc et non de vêtements fabriqués de
peaux ; des pieds sans sandales et les cheveux longs ; austère, réservé et de maigre contenance
; avec les yeux fixés vers le sol comme en était sa manière, Apollonios de Tyane attira à lui,
avec l'attraction d'un saint, tous les simples gens, et malgré tout, était intime avec les
Empereurs de Rome.

"A travers son amour pour toute forme de vie et son appréciation de la beauté de la forme
humaine, il alla au-delà des souffrances du corps et devint informé avec les souffrances de
l'âme. Il chercha à guérir ou du moins à soulager quelques-unes des détresses physiques et
spirituelles de l'humanité indigente ; et dans les arts curatifs de son jour, il atteint à un tel
degré d'adresse que même les oracles sacrés d'Égée et de Delphes le prononcèrent plus que
mortel, lui référèrent pour soulagement, les corps malades et les âmes affligées sachant que
sa seule présence émanait une vertu particulière, une influence favorable, un pouvoir tel la
théurgie.

"À travers des années de silence et de contemplation, de voyages lointains et d'expériences
spirituelles et mondaines continues, il approfondit, non à la moindre limite, une personnalité
originairement puissante et intense, et ainsi, il devint l'admiration non seulement de tous les
pays qu'il traversa, mais de tout le monde romain et hellénique. Les villes lui envoyèrent des
ambassadeurs lui décrétant des faveurs ; les monarques lui conférèrent des dignités spéciales,
le rendant digne d'être leur conseiller ; l'encens était brûlé devant ses autels ; et après sa mort,
des honneurs divins furent rendus à ses statues qui avaient été élevées, avec beaucoup
d'enthousiasme, dans tous les temples des dieux. Et, sa célébrité ne diminua pas.
Continuellement à travers les âges, son nom porta en lui quelque chose d'un ouragan ;
puisque les critiques anciens et contemporains crussent trouver en la vie de ce personnage
exceptionnel une comparaison à la vie du Christ, et d'en former un argument contre les
revendications surnaturelles du Fils de l'Homme.

"Désormais, durant des siècles, même le nom d'Apollonios était odieux aux Chrétiens ; car il
semblait que l'Évangile même du Fils de l'Homme était en jeu. Pour leur part, les
apologistes chrétiens, en défense, ne manquaient pas d'attaquer violemment le champion de
leurs adversaires et de le dénoncer comme non mieux qu'un imposteur, un sorcier et un
magicien ; sur ces points en particuliers, ils n'arrivèrent pas généralement à comprendre
l'homme. Du moins dans leur approche combative à son sujet, ils manquèrent de l'affection
nécessaire pour comprendre une juste valeur et cette patience bienveillante envers la noblesse
qui est absolument essentiel pour saisir un personnage nouveau ou surprenant ou un mode
de vie."

Un autre écrivain donne la description suivante d'Apollonios :

"Il avait une tête semblable à celle de Zeus, une longue barbe et de longs cheveux bornés par
un filet. Damis décrit Apollonios comme toujours gentils, doux et modeste, et de ce fait,
plus comme un Indien qu'un Grec, bien qu'en étant témoin de quelque injustice, il exprima
son indignation. Son humeur était souvent pensive, et lorsque silencieux, il fixa le sol
pendant de longs moments plonger dans ces pensées. Pourtant toujours sévère avec
lui-même, il faisait volontiers des excuses pour les autres. Par exemple, on peut citer :
Pendant le règne de Néron, lorsqu'en route pour Rome, Apollonios fut prévenu que lui et ses
partisans seraient en danger, et des trente-quatre compagnons qui le suivirent, seulement huit
restèrent assez braves pour faire face à la menace du péril ; tout en louant le courage de ceux
qui restèrent avec lui, il refusa de juger comme lâches ceux qui s'étaient enfuis."

De la biographie de Philostrate, nous recueillons les faits suivants au sujet de la vie et du
personnage d'Apollonios de Tyane. Il est né en l'an 4 avant J.-C. À l'âge de douze ans, il fut
envoyé à Tarsus en Cilicie, le présumé lieu de naissance de St Paul. Là, il étudia tous les
modes de philosophie et se perfectionna en rhétorique et en littérature générale. Il fit
résidence au temple d'Asclépios, célèbre pour ses cures merveilleuses, et fut initié par ses
prêtres en leurs mystères. Par la suite, il accomplit des guérisons qui étonnèrent non
seulement le peuple mais aussi les maîtres de l'art de guérir. Il décida d'adopter la
philosophie de Pythagore et observa rigoureusement la discipline pénible instituée par le
sage de Samos. Il s'abstint de nourriture animale, de vin et de femmes ; il vivait de fruits et de
fines herbes ; il était habillé seulement de vêtements de lin blanc de la plus simple confection
; il marcha pieds-nus ; et il avait la tête toujours à découvert, ne se coupant jamais les
cheveux ni la barbe. Il était surtout distingué pour sa beauté, son humeur sympathique, son
amour constant et sa gentillesse, et pour la sérénité imperturbable de son tempérament.

En ces qualités, il était l'incarnation personnelle des traits imaginaires du Jésus chrétien, et
sans aucun doute, était l'original des illustrations du soi-disant Nazaréen, maintenant tant
vénéré par les professeurs mal renseigné de la religion chrétienne. (Presque chaque
illustration, qui dans les temps modernes sont reconnues comme étant une ressemblance de
Jésus, ont vraiment leurs origines dans un portrait d'Apollonios de Tyane peint durant le
règne de Vespasien.)

[Note : Cet écrivain n'a pas vu ce portrait peint durant le règne de Vespasien, mais il y a un
buste de marbre d'Apollonios au Musée de Naples, en Italie ; et ce buste ressemble
grandement, par la suite, à d'autres portraits de "Le Jésus-Christ." Une photographie de ce
buste de marbre se trouve au début de ce livre.]

Déterminé à se consacrer à la poursuite de la connaissance et à l'enseignement de la
philosophie, il donna son énorme patrimoine aux pauvres de sa parenté et se rendit à
Antioche qui était alors un centre d'érudition mais moins connu que ceux d'Athènes ou
d'Alexandrie. Là, il commença sa grande mission en enseignant la philosophie à plusieurs
disciples ainsi qu'à la population. Peu après, Il alla au temple d'Apollon Daphné à Antioche
où il apprit les mystères de ses prêtres. Plus tard, il se rendit en Inde à la recherche de la
sagesse et visita les philosophes gymnosophistes d'Égypte. Il revint ensuite en Grèce pour
restaurer les Mystères et enseigner les doctrines de Krishna et de Bouddha qu'il avait appris
aux pieds de son professeur des Himalaya, Iarchas. (Ces enseignements personnifièrent les
évangiles bouddhistes qu'Apollonios avait apporté vers l'Occident et devinrent l'origine de la
religion chrétienne).

En tant que réformiste social et politique, il voyagea d'un coin de l'empire Romain à l'autre,
incitant la révolte contre les tyrans cruels Néron et Domitien qui, tous deux, le mirent en état
d'arrestation et le jetèrent en prison. Après son arrestation par Domitien, il fut acquitté et
"disparut." Après avoir complété ses labeurs humanitaires pendant un siècle, nous croyons
qu'il est allé en Inde rejoindre ses enseignants dans les Himalaya. Nous n'avons aucun détail
quant au moment ou l'endroit de sa mort.

Ells donne le compte-rendu suivant de la vie d'Apollonios :

"Il est né à Tyane, une ville grecque d'Asie Mineure, trois ans avant la naissance du Christ et,
il vivat environ cent ans, jusqu'au règne de Nerva. Comme Moïse, aucun homme n'a trouvé
sa tombe à ce jour. Consacré à la philosophie dès son enfance, il l'étudia selon la méthode
inégalée de ces jours-là, en écoutant des conférences et par des débats avec des penseurs
rivaux dans chaque centre et des marches de chaque temple. Il choisit comme modèle la
philosophie de Pythagore, pratiqua ses austérités avec enthousiasme, et par discipline
mentale, maintenu le silence absolu durant cinq ans, évita toutes relations avec les femmes,
donna son patrimoine et, porta seulement des vêtements de lin [coton].

"Dans la phraséologie d'aujourd'hui, il était végétarien et s'abstenait de tout. Il disait que son
mode de vie a rendu ses sens anormalement aigus, ayant des prémonitions d'événements
futurs et qu'il devenait conscient des esprits des hommes et des événements distants ; et, il
s'est défendu avec succès lorsque accusé de 'sorcellerie' devant l'empereur. Il priait au soleil
trois fois par jour, offrant de l'encens mais jamais il ne sacrifiait des victimes. Il croyait en
l'immortalité de l'âme, en la réincarnation et en un dieu suprême -- le Créateur de l'Univers.
En effet, nous pouvons dire que dans les divinités qu'il vénérait, il ne voyait que des phases
et des opérations de cette Divinité Suprême, puisqu'en se référant aux dieux collectivement,
il est fréquemment cité par Philostrate comme utilisant les mots 'dieux' ou dieu,' et le sage
indien Iarchas, lui donnant son approbation, compare l'Univers à un bateau dont le Créateur
est le Maître et les dieux subalternes,' des sous-officiers ! [Voir La conception chrétienne du
rang des 'anges' qui assiste dans le bon fonctionnement de la création, et l'idée hindoue d'une
trinité de 'dieux' -- Brahmâ, Vishnu et Shiva -- représentant les énergies de création, de
préservation et de destruction qui opèrent continuellement dans la création, chacune ayant
ses fonctions corrélatives ou centres d'énergies (chakras) dans le corps humain -- qui n'est
qu'un microcosme ou un reflet du macrocosme, l'univers.]

"Durant toute sa longue vie, les villes, les temples et les souverains partout l'ont recherché
pour ses conseils et son assistance qu'il donna librement sans récompense. Il a voyagé dans le
monde connu de l'océan Atlantique à la rivière Gange, et vers le sud aux cataractes du Nil,
acquérant et partageant la sagesse. Vers le milieu de sa vie, quand ses voyages n'étaient pas à
demi complétés, il disait à ses disciples qu'il avait déjà vus plus de la surface de la Terre que
tout autre homme. Pendant sa longue et laborieuse vie, il a produit plusieurs prodiges, et un
grand nombre d'hommes l'ont considéré comme étant une divinité incarnée. Les rois de Perse
et d'Inde ont rivalisé l'un avec l'autre pour lui faire honneur. Après sa mort, l'empereur
Hadrien a construit un temple et a fondé une prêtrise pour son adoration de Tyane.
L'empereur Aurélien a voué de faire de même, l'appelant le plus divin, sacré et vénérable de
l'espèce humaine, doté de pouvoirs au-delà des mortels, déclarant : 'Si je vis, je publierai au
moins un résumé de ses merveilleuses actions, non parce qu'elles nécessitent ce que mes
mots peuvent ajouter, mais pour les rendre familier à tous, puisqu'elles sont merveilleuses.'

"Un autre empereur, Alexandre Sévère, de prédilection contestable, a mis l'image
d'Apollonios dans sa chapelle privée ou solarium parmi les divinités tutélaires d'Orphée,
Abraham et du Christ. (Bien que cette référence ait été citée par plusieurs auteurs, il paraît
peu probable que les empereurs romains avant Constantin, le premier à accepter le
Christianisme, avaient des statues d'Abraham ou du Christ dans leurs chapelles. Cette
affirmation est évidemment une fausse interpolation chrétienne. Nous croyons que la statue
d'Orphée est la seule qui aurait pu exister au côté de celle d'Apollonios. Tel qu'Eisler a
démontré, même dans les catacombes des premiers chrétiens, il n'y avait aucune
représentation de Jésus, tandis qu'Orphée est représenté comme l'objet central de la
vénération. Il est probable qu'Orphée a été considéré comme le fondateur de la religion dont
Apollonios était l'apôtre.)

Cette histoire, nous la devons à la révérence payée en sa mémoire par l'Impératrice Julia
Domna, l'épouse de Septime Sévère, qui délégua Philostrate pour l'écrire et le fournit avec la
plupart des matières et références. Pendant une période de deux cents ans après sa mort,
Apollonios fut généralement acclamé plus divin qu'humain, jusqu'à ce que, durant le règne
de Dioclétien, un proconsul romain, Hiéroclès, entreprit de repousser la popularité
grandissante du Christianisme en publiant "Discours Ami de la Vérité" dans lequel il tira des
comparaisons défavorables entre le Christ et Apollonios. L'Église naissante réfuta facilement
son attaque, mais ne pu ni l'oublier ni le pardonner ; et non satisfait de cette victoire sur son
assaillant, elle stigmatisa le philosophe, depuis longtemps décédé, de charlatan inspiré et
assisté du diable.

L'Église persista dans ces tentatives d'anéantissement. Aussi tard que le temps de Charles II,
quand un nommé Charles Blount essaya de publier une traduction de la biographie de
Philostrate en Angleterre, dans sa préface, il se plaint que le clergé le laisserait seulement
imprimer les deux premiers de ses huit livres, et que la prêtrise catholique était
particulièrement active dans son opposition. (Ells, C.P., Life and Times of Apollonios of
Tyana)

Depuis les temps anciens, la controverse fit rage entre les partisans d'Apollonios et ceux de
Jésus à savoir lequel était du plus haut type moral. Les partisans d'Apollonios raisonnèrent
que, étant un homme, il offre à l'humanité un exemple moral plus utile que Jésus, un dieu,
qui ne pouvait qu'être vénéré, mais non-imité, et en comparaison duquel Apollonios était
aussi vertueux en chaque respect, sinon plus. Ils démontrèrent en particulier qu'un homme
qui, dès sa seizième année, choisit de manger que des fruits et des fines herbes et demeurer
chaste à jamais -- laquelle résolution il suivit strictement tout au long de sa vie de plus d'un
siècle -- était certainement de plus haut type moral que quelqu'un qui s'assit et mangea avec
les publicains, les viandes et le vin qu'on lui offre lors des fêtes de mariages.

Au début du quatrième siècle A.D., Hiéroclès écrit un traité dans lequel il maintenait
qu'Apollonios était de type beaucoup plus élevé que le Jésus des Évangiles. D'énormes
controverses s'ensuivirent sur le sujet ; et les adversaires catholiques d'Apollonios
inventèrent les mensonges les plus ridicules pour déprécier son caractère. Ainsi,
immédiatement après sa formation au début du quatrième siècle, Arnobe et les Pères de
l'Église, par méchanceté, attribuèrent les miracles réputés d'Apollonios à la magie, tout en
fabriquant à partir de lui une imitation fictive en la forme du messie de leur nouvelle
religion. Aussi tard que le quinzième siècle, nous trouvons Pico della Mirandola, et aussi
tard que le seizième siècle, Jean Bodin et Baronius, dénonçant encore Apollonios comme un
magicien malfaisant qui avait fait un pacte avec Satan.

Toutefois, même les ennemis d'Apollonios durent admettre que sa vie était exemplaire,
puisque voici un homme qui, d'un jeune âge, choisit de s'abstenir de viande, de vin et
d'association avec les femmes, qui laissa ses cheveux allongés et ne permit pas qu'une lame
touche son menton, et qui, en tant que pythagoricien naturiste, marcha nu-pieds ou chaussa
des sandales faites d'écorce, non de cuir, s'habillant seulement de robes de lin blanc et
considérant cela impur de porter vêtements confectionnés de la laine de mouton.

Passant son temps dans un temple, son silence était extraordinaire, bien que sa connaissance
des langues soit universelle. D'un coin de l'empire romain à l'autre, il voyagea comme
enseignant et guérisseur et les malades vinrent le consulter là qu'il alla. Il était aussi un
réformiste social et un révolutionnaire qui intrépidement s'opposa aux tyrans, incitant des
soulèvements contre eux et organisant ses partisans en collectivités communistes.

Il paraît donc qu'Apollonios était de plus haut type moral et intellectuel que l'humble
charpentier de Galilée. De telles considérations telles menèrent A. Réville, un écrivain
catholique, dans son livre, Le Christ païen, à admettre : "Jésus n'était que l'offrande d'un
peuple obscur ; sa doctrine n'était que le raffinement d'une misérable tradition locale ; sa vie,
de laquelle si peu est connue à la grande majorité de ses contemporains, fut extrêmement
courte. Il devint bientôt la victime des assauts de deux ou trois prêtres, un roi insignifiant et
un plaignant et, quelques prodiges remarquables le distinguèrent d'une foule d'autres êtres
qui n'eurent rien à faire avec les destins de l'humanité.

"Apollonios, au contraire, un Grec de naissance, avait amassé dans son vaste intellect les
doctrines religieuses du monde entier, de l'Inde à l'Espagne et sa vie dura un siècle. Comme
un météore illuminante, il traversa l'univers, en rapport constant avec les rois et les puissants
du monde qui le vénéraient et le craignaient, et s'il rencontra de l'opposition, il la triompha
majestueusement, toujours plus fort que ses tyrans, jamais sujet à l'humiliation et jamais
emmené en contact avec les bourreaux publics."

Tredwell, dans "Sketch of the Life of Apollonios of Tyana" écrit comme suit :

"Apollonios était un homme grand et bon et ce fait ne peut être mis en doute ; les hommages
que lui rendirent Titus, Vespasien et Aurèle en sont une garantie. Même parmi ceux de ce
jour qui veulent le déprécier, plusieurs doivent admettre qu'une certaine moralité pure et
vraie envahit la totalité de son système d'enseignement. Il contient une théorie bien établie,
que la vertu et la vraie piété sont les seules fondations du bonheur.

"Apollonios était chaste et sobre ; il était motivé par un noble désir d'acquérir la
connaissance et le désir encore plus noble de communiquer sa connaissance à l'espèce
humaine. Dans son langage, il était ingénieux, érudit et original. Aucun homme n'a vécu qui
ait tant repoussé l'artifice vulgaire qui produisait des effets sur les hommes ; ses
enseignements n'étaient jamais caractérisés d'éclats majestueux. Il était toujours prêt à
partager son enseignement peu importe l'endroit ; et de tous les témoignages à son égard,
aucun homme n'eut été autant un apôtre de la paix. En effet, il est difficile de nier la juste
conclusion qu'Apollonios, que Philostrate plaça devant nous, est un vrai personnage et non
un esprit ; il marche sur la Terre, mange, boit et dort comme les autres hommes, aime et
déteste telle que l'expérience nous apprend être le naturel de l'homme. Il est observateur de
phénomènes naturels, il compare et médite, adore la nature, les oiseaux, les animaux, les
arbres, les fleurs et n'est pas dépourvu d'humour, bien que sérieux et digne. Partout dans la
nature et l'art, avec les Brahmanes de l'Inde, il trouva quelque chose à admirer."

Vers la fin du troisième siècle, immédiatement avant la formation de l'Église, la lutte entre
les disciples pythagoriciens d'Apollonios et ses adversaires qui, plus tard, organisèrent
l'Église Catholique Romaine à Nice, atteignit amèrement sa phase finale. À ce temps, il y
avait plusieurs temples et lieux de pèlerinage en Asie Mineure consacrés à Apollonios et son
oeuvre, mais il n'y en avait pas à Jésus. Il était inconnu puisqu'il n'existait pas.

À la place de l'auguste Apollonios dont la célébrité fut mondiale pendant les trois premiers
siècles et qui fut révéré dans tous les centres d'érudition comme le plus sage des hommes, ses
adversaires se sont efforcés à instaurer un jeune sans éducation connu que dans sa région et
seulement par quelques pêcheurs illettrés de son voisinage, et dont la courte période
d'activité (3 ans) et sa courte vie (33 ans) l'empêcha d'accomplir ce qu'Apollonios avait
accompli durant son siècle d'activité continue. Tandis que Jésus passa sa vie en Galilée parmi
les gens du peuple, Apollonios voyagea d'un coin de la Terre à l'autre, étudiant la sagesse des
plus grands esprits qui s'y trouvaient -- les brahmanes des Himalaya, les philosophes
gymnosophistes d'Égypte et les druides de Gaule, etc.

Selon Tredwell, Apollonios voyagea plus que tout homme de son âge. "Qu'il était un homme
exceptionnel," Tredwell ajoute, "est démontré par ses lettres adressées aux rois, aux
souverains, aux philosophes, aux sociétés et les grands hommes de son temps. Elles
existaient encore et furent mentionnées dans les travaux de Philostrate et de Cujacius. Il
voyagea parmi les Mages et fut d'autant plus honoré partout à cause de sa modestie et de ses
vertus, donnant toujours de sages et prudents conseils, contestant que rarement. La prière
qu'il était dans l'habitude d'offrir aux dieux est admirable : 'O, dieux immortels, allouez-nous
ce que vous jugerez approprié et ce que nous méritons.'"

Pendant plusieurs siècles après son passage, une auréole de sainteté fut placée autour de sa
tête et il fut vénéré comme un dieu dans plusieurs partie du monde. Les Tyanaéens l'élevèrent
au rang de demi-dieu et les empereurs romains approuvèrent son apothéose. Mais, avec le
temps, la déification d'Apollonios subit le même destin que celui décrété aux empereurs
romains ; et sa chapelle est devenue aussi abandonnée que celle que les Athéniens avaient
élevée en l'honneur de Socrate.

Les disciples d'Apollonios réclamaient qu'il soit le fils d'un dieu (Protée), une revendication
qu'il nia. Néanmoins, les gens croyaient qu'Apollonios était de d'origine divine et que les
messagers d'Apollon ont chanté à sa naissance. Ammien Marcellin classait Apollonios parmi
les hommes les plus éminents, et revendiqua qu'il prophétisait par l'entremise surnaturelle
d'un génie, comme le firent Socrate et Numa.

Les miracles qu'on dit avoir été exécuté en Inde par le sauveur hindou Krishna durant sa
mission, étant presque identique à ceux attribués à Apollonios, furent tous bien connus et
discutés à Alexandrie en ce temps. Bien qu'Apollonios n'ait jamais encouragé la propagation
de sa nature divine, il ne l'a cependant jamais répudiée, sachant que peu de respect est attaché
à la personne ou aux enseignements de quelque philosophie par les multitudes vulgaires à
moins que fondé sur des preuves d'inspiration divine. Ces preuves leur furent démontrées par
des "miracles." Il semble avoir permis à la populace vulgaire de croire en cela. De là survint
la croyance qu'il était le fils de Dieu, un deuxième Krishna ou un Christ.

Par respect pour Apollonios, son lieu natal de Tyane fut considéré comme une ville sacrée et
exemptée de la juridiction des gouverneurs envoyés de Rome. Gibbon, dans son Histoire de
Rome, déclare qu'une révérence superstitieuse de la part des gens du pays d'Apollonios causa
l'empereur Aurélien [Lucius Domitius Aurelianus] (273 A.D.) de traiter avec clémence la
ville conquise de Tyane. Malgré sa distinction comme historien romain, Gibbon fut ignorant
de l'importance d'Apollonios et cela est démontré par ses mots : "Nous ne sommes pas en
mesure de découvrir si Apollonios était sage, un imposteur ou un fanatique." Vu une telle
ignorance de la part d'une autorité tant réputé de l'histoire romaine, nous pouvons imaginer
comment le public général soit mal informé sur le sujet au temps qu'écrit Gibbon, comme
cela l'est encore.

Vopiscus écrit que lorsque les forces d'Aurélien marchaient contre Tyane, parce que les
citoyens avaient fermé les portes contre lui, l'empereur devint si irriter qu'il déclara qu'il ne
laisserait pas un seul chien vivant dans la ville ; mais l'esprit d'Apollonios lui apparut dans sa
tente et l'intimida à changer son humeur. Par égard pour Apollonios, il épargna les habitants.
Plus tard, il consacra un temple en son honneur, comme le fit aussi l'empereur Aurélien.
L'empereur Hadrien déposa respectueusement les écrits d'Apollonios dans son splendide
palais à Antium, où les pèlerins s'assemblèrent quotidiennement pour les voir.

Sa réputation de saint était si bien établie durant les premiers siècles que même après la
venue du Christianisme, plusieurs écrivains chrétiens, y compris Cassiodore, en firent leur
éloge. Lactance dit qu'une statue d'Apollonios fut élevée à Éphèse. Des statues de lui furent
élevées dans les temples et des honneurs divins lui furent rendus par les empereurs Caracalla,
Alexandre Sévère et Aurélien, pendant que des vertus magiques furent attribuées à son nom.
Newman réclame qu'Apollonios ait été salué partout comme un dieu et quand il entra dans
une ville fit aussitôt des convertis. Ce fut le cas à Olympie où les foules lui portèrent plus
d'attention qu'aux jeux, le vénérant presque.

À Éphèse, il fut vénéré sous le titre d'Hercule, celui qui chasse le mal. Réville dit, "après sa
mort, la ville de Tyane lui paya des honneurs divins ; et le respect universel dans lequel il
était porté par la totalité du monde païen témoigna de la profonde impression que la vie de
cet être surnaturel avait fixé dans leurs esprits de façon indélébile, une impression qui poussa
un de ses contemporains à s'exclamer, 'nous avions un dieu vivant parmi nous.'"

Newman, un apologiste catholique, cherchant d'abord à discréditer Apollonios et puis, par la
suite, admettant sa noblesse, écrit : "Apollonios est représenté comme faisant des convertis
aussitôt que vu. Ce n'était donc pas ses merveilles mais son habillement pythagoricien et son
air mystérieux qui attira l'attention et qui fit qu'il soit considéré supérieur aux autres
hommes, parce qu'il était différent d'eux. Comme l'Alexandre de Lucien, il était habile en
médecine, professant être favorisé par Asclépios et, prétendant à la prescience. Il était de
collusion avec les prêtres païens et supportés par les Oracles. Et, étant plus strict dans sa
conduite que Paphlagonie, il établit une célébrité plus durable."

Pendant plusieurs siècles après le passage d'Apollonios, il reçut des honneurs des empereurs
égales à celles qu'ils revendiquèrent pour eux-mêmes et, il fut déifié universellement et adoré
comme demi-dieu. Philostrate écrit que "les gens du pays disent qu'il était un fils de Zeus,
mais il disait être le fils d'Apollon, comme son nom l'indique. Apollonios fut appelé le 'vrai
ami des dieux.'" Dans son Dictionnaire Historique et Critique (1696), Pierre Bayle remarque
qu'Apollonios fut vénéré au début du quatrième siècle sous le nom d'Hercule, basant sa
référence à Vopiscus, Eusèbe et Marcellin. Albert Réville dit, "Le respect universel dans
lequel il était tenu par le monde païen entier témoigna de l'impression profonde que la vie de
cet être surnaturel avait fixé dans leurs esprits de façon indélébile."

Philostrate parle d'un temple à Tyane construit avec des fonds impériaux et consacré à sa
mémoire, "car les empereurs l'avaient jugé digne de tels honneurs que les leurs." Ce fut des
prêtres de ce temple qui avait assemblé autant d'information qu'ils pouvaient au sujet
d'Apollonios que Philostrate prit une grande partie de la matière pour sa biographie.

Au sujet de la renommée universelle d'Apollonios pendant le 1er siècle, W.B. Wallace écrit :
"Sa contenance noble, sa présence engageante, sa doctrine pure, sa vie sans tache, son
plaidoyer passionné de l'immortalité de l'âme aussi bien que ses miracles, menèrent les
hommes à croire, où qu'il alla, qu'il était plus que mortel. Il côtoyait et correspondait avec
les grands du monde."

J.A. Froude écrit : "Selon Philostrate, il était un sauveur païen qui réclamait avoir reçu un
ordre du ciel d'enseigner une religion pure et réformée, et comme preuve de son autorité
s'occupa de guérir les malades, les aveugles, ressuscitant les morts à la vie, exorcisant les
démons, calmant les tempêtes et prophétisant des événements futurs -- lesquels se
manifestèrent par la suite.

"Il est né quatre ans avant l'Époque Chrétienne à Tyane, une ville de la Cappadoce. Ses
parents l'envoyèrent pour être instruit à Tarsus, en Cilicie, un endroit de grande richesse et
réputation, et il devait être au tout début de ses études quand St Paul, comme petit garçon,
commençait à courir dans les rues. À la mort de son père, il divisa son héritage parmi les
pauvres et, après une retraite de cinq ans, il voyage